Dans le panthéon de la gastronomie française, certains plats évoquent instantanément la convivialité, le soleil et les saveurs d’un terroir authentique. Le poulet basquaise est de ceux-là. Mais qui aurait cru que ce monument de la cuisine du sud-ouest, réputé pour sa générosité, pouvait se réinventer en une version saine, légère et tout aussi gourmande ? C’est le pari audacieux et brillamment réussi de la critique et animatrice culinaire Julie Andrieu.
Loin des recettes traditionnelles où la matière grasse est souvent reine, elle nous livre une technique aussi simple qu’ingénieuse pour obtenir un poulet d’un fondant incomparable et une sauce riche en goût, sans ajouter la moindre goutte d’huile ou de beurre. Un véritable tour de magie culinaire qui repose sur le choix des bons produits et le respect d’une cuisson douce et maîtrisée. Nous vous invitons aujourd’hui à pousser la porte de notre cuisine pour percer ce secret et redécouvrir ce classique sous un nouveau jour. Préparez-vous à bluffer vos convives avec un plat emblématique, où le plaisir n’a d’égal que la légèreté.
25 minutes
75 minutes
facile
€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
Étape 1
Commencez par la préparation des légumes, qui forment l’âme de la sauce basquaise. Pelez et émincez finement les oignons. Lavez les poivrons, retirez le pédoncule et les graines, puis taillez-les en lanières d’environ un centimètre de largeur. Pelez les gousses d’ail, dégermez-les et hachez-les finement. Si vous utilisez des tomates fraîches, il est préférable de les monder : c’est-à-dire de retirer leur peau en les plongeant 30 secondes dans l’eau bouillante avant de les passer sous l’eau froide. Une fois mondées, coupez-les en quatre et retirez les pépins avant de les concasser grossièrement.
Étape 2
Voici l’étape clé de la technique de Julie Andrieu : la cuisson du poulet sans matière grasse. Assaisonnez généreusement vos morceaux de poulet de sel et de poivre sur toutes les faces. Faites chauffer votre cocotte en fonte à feu moyen, sans y ajouter la moindre trace de gras. C’est la qualité de la cocotte qui va permettre une diffusion homogène de la chaleur. Lorsque la cocotte est bien chaude, déposez délicatement les morceaux de poulet côté peau contre le fond. Le secret est là : la graisse naturellement contenue dans la peau du poulet va fondre doucement, créant une couche antiadhésive et permettant une coloration parfaite. Laissez dorer sans y toucher pendant 5 à 7 minutes, jusqu’à ce que la peau soit bien croustillante et dorée. Retournez ensuite les morceaux et faites-les colorer sur toutes les autres faces. Une fois le poulet bien doré, retirez-le de la cocotte et réservez-le sur une assiette.
Étape 3
Dans la même cocotte, vous remarquerez un peu de graisse rendue par le poulet. C’est tout ce dont vous aurez besoin pour la suite. Faites-y revenir les oignons émincés à feu doux pendant environ 5 minutes, jusqu’à ce qu’ils deviennent translucides et tendres. Ajoutez ensuite les lanières de poivrons et l’ail haché. Poursuivez la cuisson pendant une dizaine de minutes en remuant de temps en temps, le temps que les poivrons s’attendrissent légèrement.
Étape 4
Il est temps de donner du caractère à votre sauce. Augmentez légèrement le feu et versez le vin blanc sec dans la cocotte pour déglacer : cette action consiste à dissoudre les sucs de cuisson caramélisés au fond du récipient avec un liquide pour enrichir la sauce. Grattez bien le fond de la cocotte avec une cuillère en bois pour récupérer toutes ces saveurs. Laissez l’alcool s’évaporer pendant une minute ou deux.
Étape 5
Ajoutez les tomates concassées, le bouquet garni et la cuillère à café de piment d’Espelette. Salez et poivrez à votre convenance. Mélangez bien le tout et portez la sauce à une légère ébullition. Votre cuisine doit maintenant embaumer les parfums ensoleillés du pays basque.
Étape 6
Replacez délicatement les morceaux de poulet doré dans la cocotte, en les enfonçant bien dans la garniture de légumes. Le poulet doit être majoritairement couvert par la sauce. Baissez le feu au minimum, couvrez la cocotte et laissez mijoter tout doucement pendant au moins une heure. Plus la cuisson sera longue et douce, plus le poulet sera fondant. Après une heure, vérifiez la cuisson : la chair doit se détacher facilement de l’os. Retirez le bouquet garni avant de servir bien chaud.
Mon astuce de chef
Ce plat, comme beaucoup de plats mijotés, est encore meilleur réchauffé ! N’hésitez pas à le préparer la veille. Les saveurs auront eu le temps de se mélanger et de s’intensifier, rendant votre poulet basquaise absolument inoubliable. Pour le réchauffer, faites-le simplement mijoter à feu très doux pendant une vingtaine de minutes.
L’accord parfait : un vin du sud-ouest
Pour honorer ses origines, le poulet basquaise s’accorde merveilleusement avec les vins de sa région. Optez pour un Irouléguy rouge, un vin basque au caractère bien trempé, dont les notes de fruits rouges et d’épices répondront parfaitement à la douceur des poivrons et au piquant du piment d’Espelette. Si vous préférez le vin blanc, un Jurançon sec apportera une touche de fraîcheur et de vivacité qui équilibrera la richesse de la sauce tomate.
Le poulet basquaise, ou ‘oilaskoa piperradarekin’ en langue basque, est l’un des plats les plus emblématiques de cette région à la forte identité culturelle, à cheval entre la France et l’Espagne. Plat paysan par excellence, il est né de la simplicité et de la richesse des produits du terroir local : le poulet de ferme, les oignons, l’ail, et surtout les fameux poivrons doux qui font la renommée de la cuisine basque. Le piment d’Espelette, qui a remplacé le poivre noir dans de nombreuses recettes locales dès le 17ème siècle, vient apporter la touche finale, ce petit piquant parfumé si caractéristique. Chaque famille a sa propre recette, transmise de génération en génération, faisant de ce plat un véritable symbole de partage et de tradition.
- C’est le petit-déjeuner le plus sain du monde, il ferait vivre jusqu’à 100 ans - 15 novembre 2025
- Combien d’œufs peut-on manger par semaine pour rester en bonne santé ? - 15 novembre 2025
- États-Unis : pourquoi les produits alimentaires dans les supermarchés sont 4 fois plus gros qu’en France ? - 15 novembre 2025





