Ne coupez plus jamais les gourmands de vos tomates : voici pourquoi certains jardiniers les laissent

Ne coupez plus jamais les gourmands de vos tomates : voici pourquoi certains jardiniers les laissent

User avatar placeholder
Rédigé par La Rédaction

5 novembre 2025

La taille des gourmands de tomates est un geste presque rituel pour de nombreux jardiniers, persuadés d’optimiser ainsi leur récolte. Pourtant, une contre-culture du jardinage émerge, prônant l’abandon de cette pratique ancestrale. Des observations et des études récentes suggèrent que ces tiges, longtemps considérées comme des parasites, pourraient en réalité jouer un rôle bénéfique pour la plante et sa production.

Pourquoi les gourmands apparaissent sur les plants de tomates

Un gourmand, aussi appelé « suçon », est une tige secondaire qui se développe à l’aisselle d’une feuille, c’est-à-dire au point de jonction entre la tige principale et une branche latérale. Son apparition est un phénomène entièrement naturel, un signe de la vitalité de la plante. Le plant de tomate cherche instinctivement à se développer et à maximiser sa surface foliaire pour capter le plus de lumière possible. La formation de ces nouvelles tiges est simplement l’expression de cette stratégie de croissance. Elles ne sont donc pas une anomalie, mais une partie intégrante du développement de la plante, cherchant à créer de nouvelles branches qui porteront potentiellement des fleurs, et donc des fruits.

Comprendre cette origine naturelle permet de reconsidérer leur rôle, qui est loin d’être purement négatif.

Les bénéfices inattendus de laisser pousser les gourmands

Contrairement à une idée répandue, conserver les gourmands présente plusieurs avantages significatifs. Loin de « voler » l’énergie de la plante, ils y contribuent activement. Leurs feuilles participent à la photosynthèse, produisant davantage de sève et de nutriments pour l’ensemble du plant. Cette vigueur accrue peut se traduire par une récolte plus abondante. En effet, chaque gourmand laissé en place a le potentiel de développer ses propres bouquets de fleurs et de fruits. De plus, un feuillage plus dense offre une meilleure protection des tomates contre les brûlures du soleil, un phénomène fréquent lors des étés chauds. Voici un résumé des principaux bénéfices :

  • Augmentation de la photosynthèse : plus de feuilles signifie plus d’énergie pour la plante.
  • Potentiel de récolte accru : chaque gourmand peut devenir une nouvelle branche fructifère.
  • Protection des fruits : le feuillage supplémentaire protège les tomates des coups de soleil.
  • Meilleure résilience : un plant plus touffu peut mieux résister à certaines maladies ou attaques de nuisibles.

Cette approche, cependant, n’est pas universelle et son efficacité peut varier selon le type de plant que l’on cultive.

Quelles variétés de tomates bénéficieront de la non-intervention

La décision de tailler ou non les gourmands dépend fortement de la variété de tomate cultivée. On distingue principalement deux types de croissance :

Type de croissanceRecommandation sur la tailleCaractéristiques
IndéterminéeLaisser les gourmands est bénéfiqueCroissance continue tout au long de la saison, production étalée. Ce sont les principales concernées par ce débat.
DéterminéeTaille non nécessaire, voire déconseilléeCroissance qui s’arrête une fois une taille définie atteinte. Les fruits mûrissent sur une période courte. Supprimer les gourmands réduirait drastiquement la récolte.

Ainsi, pour les variétés à croissance indéterminée comme la ‘Cœur de bœuf’ ou la ‘Marmande’, laisser quelques gourmands bien placés peut s’avérer très productif. Pour les variétés déterminées, souvent cultivées en pot, la question ne se pose quasiment pas. Ces distinctions botaniques sont essentielles pour comprendre pourquoi certaines croyances sur la taille perdurent.

Les idées reçues sur la taille des gourmands

La pratique de la suppression des gourmands repose sur des dogmes de jardinage tenaces. L’idée principale est que sans eux, la plante concentrerait toute sa sève vers les fruits de la tige principale, qui deviendraient alors plus gros. Si cela peut être partiellement vrai pour le calibre des fruits, c’est au détriment de la quantité globale. L’autre argument courant est celui de l’aération : un plant moins touffu serait moins sujet aux maladies comme le mildiou. Cependant, un palissage et un espacement adéquats entre les plants permettent de garantir une bonne circulation de l’air, même avec un feuillage plus dense. La suppression systématique n’est donc pas la seule solution pour prévenir les maladies.

Il apparaît donc que la suppression des gourmands est plus une tradition qu’une nécessité absolue. Observer ses plants, comprendre leurs besoins spécifiques selon leur variété et leur environnement, et expérimenter sont les clés d’une récolte réussie. Laisser vivre ces tiges secondaires pourrait bien vous surprendre par l’abondance et la saveur de vos tomates.

5/5 - (8 votes)
La Rédaction

Laisser un commentaire